Témoignages clients
Innovation : Le CTCPA accompagne la start-up SEA4EARTH dans le développement de feuilles d’algues innovantes pour l’industrie alimentaire
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Publié le : 16/02/2026
« On est très satisfaits de l’accompagnement du CTCPA ! Leur expertise technique et la qualité humaine de l’accompagnement ont créé une confiance mutuelle essentielle. Aujourd’hui, cette relation nous permet d’avancer efficacement, semaine après semaine, sur nos projets. »
Présentez-nous SEA4EARTH : structure, vision, valeurs, produits…
Avant de parler directement de la marque, il faut revenir brièvement à la genèse du projet, car Sea4Earth est née d’un constat de terrain. J’ai passé une grande partie de ma carrière dans l’agroalimentaire, en France mais surtout en Asie, ce qui m’a permis d’observer à la fois la structuration des filières et leurs limites actuelles. Ce constat est clair : nos modèles alimentaires ne seront pas capables de répondre aux défis à venir — une population mondiale en forte croissance, des rendements agricoles qui plafonnent, des sols qui s’épuisent et un contexte climatique de plus en plus contraint.
En parallèle, la mer reste très peu considérée comme source alimentaire. Aujourd’hui, seulement 2 % de nos apports caloriques proviennent de la mer, essentiellement via les poissons et les crustacés, alors même que ces ressources sont surexploitées. Les algues, pourtant extrêmement riches sur le plan nutritionnel, ont été largement oubliées. En Asie, elles font partie du quotidien ; en Europe, la filière reste encore très peu structurée.
C’est de ce double constat qu’est née Sea4Earth. Nous avons identifié un déséquilibre majeur de la chaîne de valeur : les producteurs d’algues peinent à vendre, tandis que les acteurs de la transformation et de la commercialisation rencontrent des difficultés d’approvisionnement. Tant que cette chaîne n’est pas organisée de manière cohérente, le marché ne peut pas réellement se développer. Notre vision est donc d’aborder l’algue de façon intégrée, de la culture à la valorisation, avec une approche industrielle, tout en laissant une place essentielle aux modèles artisanaux à l’échelle locale.
Nous avons fait le choix de nous concentrer sur l’alimentation humaine. D’une part, parce qu’il s’agit d’un enjeu de souveraineté et de résilience : en période de crise, on continue toujours à manger. D’autre part, parce que l’algue est un super-aliment capable d’enrichir des produits du quotidien sans bouleverser les habitudes de consommation. L’objectif n’est pas de contraindre le consommateur à manger des algues, mais de les intégrer intelligemment dans des aliments qu’il connaît déjà, afin d’en améliorer la qualité nutritionnelle et l’impact environnemental.
Sea4Earth s’inscrit pleinement dans cette transition alimentaire : développer une alimentation plus végétale, plus durable, mieux connectée aux écosystèmes marins, et contribuer à la construction d’un nouveau modèle agroalimentaire capable de répondre aux défis des prochaines décennies.
Concernant la structure de Sea4Earth, le siège est désormais situé au Prado, à Marseille. Sea4Earth Méditerranée pilote notamment le projet Ferme 4.0 ainsi que le travail mené avec le CTCPA à Avignon. Sea4Earth Atlantique, basé à Nantes, est dédié à la conchyliculture et à la valorisation des algues comme ingrédients, notamment pour des applications telles que les raviolis.
Enfin, nous avons créé K-Food Connect, une filiale dédiée à l’import — et à terme à l’export — de produits coréens (K-Food et K-Beauty). Cette activité nous permet à la fois de générer du chiffre d’affaires et de pénétrer les réseaux de distribution, facilitant ainsi le lancement futur de nos propres produits, comme les feuilles à sushi et d’autres applications à base d’algues.
Dans quel contexte avez-vous fait appel au CTCPA ? Quels besoins aviez-vous ? Quels étaient vos objectifs ?
On a fait appel au CTCPA parce qu’on cherchait un partenaire capable de travailler sur la faisabilité industrielle de la production de feuilles à sushi avec autre chose que du nori. Quand j’ai dit à des Coréens qu’on voulait utiliser une autre algue, la tête qu’ils ont faite, c’était un peu comme si je demandais à un boulanger de faire des baguettes sans farine ! Mais justement, c’était un challenge intéressant. Nous, on a commencé avec de l’ulve, une algue verte, et même ça, ce n’était pas simple : il fallait obtenir une feuille solide, avec la bonne épaisseur, qui ne se casse pas.
Au départ, on a commencé de manière très artisanale, à la main, avec des seaux bricolés pour verser le mélange algue-eau et sécher sur des tapis. C’était du bricolage, mais ça a permis de prouver que c’était possible. Ensuite, il nous fallait un pilote industriel. Les machines coréennes sont conçues pour de gros volumes, cinq mille tonnes d’algues sur cent soixante jours, alors qu’en France, on ne cultive qu’une fraction de ça. On a donc travaillé avec nos associés coréens pour identifier les éléments clés de ces machines, acheter certains composants et construire un banc d’essai adapté en France, avec l’aide du CTCPA.
Le CTCPA nous a permis de passer de ce pilote artisanal à un banc d’essai industriel unique en Europe. Aujourd’hui, il est installé à Avignon et nous sert à tester et optimiser les recettes : quantité d’eau, additifs, préparation des algues, température… Chaque algue réagit différemment, et c’est bien plus complexe que le nori. Avec le CTCPA et les techniciens locaux, on apprend à maîtriser ce process et on avance pas à pas pour développer plusieurs types de feuilles innovantes, en restant fidèle aux méthodes traditionnelles mais adaptées à de nouvelles algues.
Pourquoi avoir choisi le CTCPA ? Comment avez-vous connu le CTCPA ?
Comme toute start-up, on a d’abord comparé ce qui existait. Le CTCPA est rapidement devenu intéressant pour plusieurs raisons. D’abord, la proximité avec le cofondateur, Régis Lefèbvre, basé à Manosque, qui facilite la coordination. Ensuite, la localisation : notre premier pilote de culture d’algues est à Cadarache, dans le sud, et il était logique que le pilote de valorisation ne soit pas trop loin pour fluidifier le suivi et les échanges.
Une fois cette première sélection faite, nous avons contacté le CTCPA et rencontré la direction d’Avignon pour discuter du mode de fonctionnement. On a immédiatement senti leur flexibilité et leur capacité à co-construire avec nous un projet industriel très spécifique, sans méthode standard. Cette approche collaborative et pragmatique correspondait exactement à ce qu’on recherchait.
Enfin, le facteur humain a été déterminant : on a rapidement noué de très bonnes relations avec les équipes locales. Leur expertise technique et la qualité humaine de l’accompagnement ont créé une confiance mutuelle essentielle. Aujourd’hui, cette relation nous permet d’avancer efficacement, semaine après semaine, sur nos projets.
Comment s’est déroulé l’accompagnement ?
On est très satisfaits de l’accompagnement du CTCPA ! La preuve : on continue à travailler avec eux et le projet est toujours en cours, ce qui est un très bon signe.
Il y a deux aspects : le technique et l’humain. Sur le plan technique, le CTCPA n’a pas de connaissances spécifiques sur les algues, donc c’est plutôt nous qui apportons les informations. Mais l’expérience de leurs techniciens leur permet de traduire ces informations en process de production pour nos feuilles de sushi. C’est vraiment un travail de co-construction : ce n’est pas comme des tests de conservation où ils ont déjà des centaines d’expériences, ici tout se construit ensemble.
Cette semaine, nos tests se font avec deux personnes de notre équipe et une technicienne du CTCPA, trois heures par jour. Le reste, on le fait nous-mêmes, mais toujours avec leurs équipements et leur savoir-faire. On est passés du stade des essais manuels ensemble à un stade où nous prenons progressivement notre indépendance, tout en gardant le cadre du CTCPA. Si on a des questions ou besoin d’une machine, tout est là.
Et puis, il y a le côté humain : avec Fabien AUPY et Jean-Claude DUSSAUD, il y a une vraie confiance. Cela fait plus d’un an qu’on travaille ainsi avec le CTCPA, et je pense que ce projet commun sera une victoire pour nous, mais aussi pour eux. Si on réussit à industrialiser ces feuilles d’algues, l’expertise du CTCPA sur la valorisation des algues pourra être mise en avant et attirer de nouveaux projets et clients.
Quels sont vos prochains objectifs ou autres annonces à faire ?
Nos prochains objectifs sont multiples. On va lancer la production des raviolis aux algues et on aura bientôt nos premières feuilles de sushi. Sur le plan événementiel, nous serons présents au prochain Snack Show à Paris en juin, pour tester le marché avec nos produits et montrer que l’algue gagne du terrain dans l’alimentation.
Parallèlement, on continue à chercher des financements pour soutenir le développement, parce que la situation économique en France est compliquée et que pour avancer, il faut investir et croire au projet. Notre objectif est de développer un modèle intégré, ferme et valorisation, duplicable et adaptable à chaque région, avec des fermes modulaires, connectées et optimisées pour la qualité de l’eau et des récoltes.
On travaille aussi sur une plateforme qui mutualisera les coûts, les systèmes de récolte et les données via l’intelligence artificielle pour optimiser la production et alerter sur la qualité de l’eau ou les paramètres de culture. Cela permettra de former les nouveaux acteurs, moderniser la conchyliculture et montrer que l’algue peut être un projet à impact, attractif pour les jeunes.
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